| |
Droit International Public
La responsabilité pénale internationale :
Les crimes en droit international ne sont pas une nouveauté. Le
premier de ces crimes a été la piraterie maritime. Le pirate n'est
pas une entité sujet de droit international mais il y a eu une
coopération internationale. Le pirate était considéré comme un
ennemi du genre humain, tout Etat pouvait mettre en place une
répression au niveau du droit interne. Des agents de l'Etat (corsaires)
agissaient hors du territoire de l'Etat. Aujourd'hui, il y a une
quantité d'accords et de conventions internationales pour attirer
l'attention des Etats sur certains comportements et développer
la coopération. Chaque Etat développe une législation interne
pour mettre en pratique la répression, sinon il y a une remise
du criminel (extradition) à un autre Etat. On veut éviter que
quelqu'un échappe à la justice pénale. Les Conventions de Genève
sur les crimes de guerre prévoient que tout Etat doit se doter
d'un droit pénal capable de fonctionner contre tout criminel de
guerre (" universalité des juridictions ") mais c'est un échec.
La Convention pour la répression du génocide (p. 42, rec. I) est
un exemple de traité international qui règle ce comportement.
Il y a un engagement des Etats à prendre des normes appropriées
pour lutter contre le génocide. Il y a une répression interne
en attendant que les Etats aient mis en place une cour pénale
internationale. Le but est la coordination de répression des Etats.
La Cour Internationale de Justice est un tribunal pénal international
mais elle règle les différends entre Etats portant sur la Convention
contre le génocide. Devant la Cour Internationale de Justice,
les Etats sont responsables au travers de leurs agents. Le but
est d'éviter qu'un individu échappe à la justice interne, en attendant
l'instauration d'un tribunal international.
La première réalisation internationale sont les tribunaux
de Tokyo et Nuremberg (p. 39, rec. I), ils pratiquent une justice
sélective. Ces mécanismes sont mis en place pour des criminels
dont les actes dépassaient les territoire des Etats, il ne pouvait
y avoir de jugement par un Etat. Ce sont des tribunaux internationaux
ad hoc (que pour certaines personnes).
Dans les années 90, il y a une nouvelle direction à la répression
des crimes, c'est l'internationalisation de la répression. Le
système international est disloqué, il n'y a plus d'opposition
entre les 2 blocs et après la chute du Mur de Berlin, le Conseil
de sécurité a pu prendre certaines mesures contre les menaces
de la paix. Il a commencé par l'affaire Irak-Koweït. Face à certaines
découvertes d'actions de l'Irak contre des populations, on a envisagé
la création d'un tribunal international contre l'auteur de ces
actes, Saddam Hussein, mais rien n'a été entrepris.
L'éclatement du bloc de l'Est a engendré énormément de conflits
internes. Il est très difficile d'intervenir dans de telles situations.
L'option " zéro mort " adoptée par les USA en premier (en Somalie)
a entraîné une diminution des interventions dans des conflits
internes. Dans ce cadre, le Conseil de sécurité ne peut pas utiliser
le chapitre VII de la Charte et en attendant que le conflit soit
mûr pour un règlement diplomatique, il n'y que des interventions
humanitaires (dérive humanitaire). Le Conseil de sécurité fait
de l'humanitaire. Il a été créé comme agent du ius contra bellum
et aujourd'hui, il est un agent du ius in bello. Il veut faire
respecter le droit à l'intérieur des conflits, on promet une répression
et donc la création de tribunaux internationaux. En 1998, le statut
de Rome a été adopté
Le Conseil de sécurité a fait une interprétation audacieuse de
la Charte de l'ONU pour créer ces mécanismes de tribunaux ad hoc.
La menace pour la paix peut résulter d'agissements internes aux
Etats. Ce qu'un Etat fait chez lui peut être considérer comme
menace de la paix et donc permet la mise en marche de l'application
du chapitre VII de la Charte. Le Conseil de sécurité pourrait
c0mmencer à s'immiscer partout, il y a donc des garde-fous : il
faut une violation massive et une tension, un déséquilibre dans
toute une région. Tant que les choses restent dans le pays, il
n'y a pas d'intervention. Il faut, par exemple, un déplacement
massif de population.
Le Conseil de sécurité a créé en 1992 une Commission d'enquête
sur la Yougoslavie et ensuite, il a pris la Résolution 808 (p.
168, rec. II). Cette Résolution constate une menace pour la paix
et décide la création d'un tribunal pénal international. La Résolution
827 a adopté le statut d'un tel tribunal. Dans la Résolution 955,
le Conseil de sécurité a créé un tribunal international pour le
Rwanda. Ces tribunaux ont été confrontés a des objections de la
défense concernant la légalité de ces mécanismes. Ils ont dit
que la création doit résulter d'un pouvoir du Conseil de sécurité
qu'il n'a pas. Le Conseil de sécurité doit prendre une mesure
du chapitre VII après la constatation de la menace et rien ne
prévoit un tribunal. Au sujet de ces exceptions préjudicielles
pour l'incompétence, le tribunal a dit qu'elles n'entraient pas
dans sa compétence. La chambre d'appel a raisonné autrement (p.
265, rec. II), elle a constaté que la Charte ouvre une marge de
discrétion. L'art. 41 de la Charte donne la possibilité de prendre
toute mesure n'impliquant pas l'emploi de la force, la liste est
exemplative (selon sa lettre). Le pouvoir du Conseil de sécurité
est d'adopter des mesures liées au maintien de la paix internationale,
le contenu de la mesure importe peu. L'identification des criminels
permet d'éviter la responsabilité objective d'un groupe contre
l'autre (mettre fin au conflit). Le tribunal arrive a la conclusion
qu'elle est compétente.
Cette décision est fondamentale pour la jurisprudence actuelle.
Le statut se réfère aux violations des Conventions de Genève et
de La Haye et donc à des conflits armés internationaux. Avec la
Yougoslavie, on a un conflit interne. Le tribunal a fait une interprétation
extensive des lois et coutumes de la guerre (référence à la Convention
de La Haye) qui peuvent être comprises de manière évolutive. L'art.
9 du statut du tribunal pour la Yougoslavie prévoit que le tribunal
ne décharge pas la responsabilité des juges internes mais a une
primauté. Il peut prendre des affaires aux juridictions internes.

Droit
International Public : introduction
L'ONU,
la charte et le conseil de sécurité
Les
Etats en tant que sujets du droit international
Les
organisations internationales comme sujets de droit international
Traitement
des étrangers et protection diplomatique
L'action
de protection diplomatique
Les Droits de
l'Homme
La
responsabilité pénale internationale
Les
sources du droit international
Le
droit des traités
La
responsabilité internationale des Etats
Les
rapports droit international et droit interne
Le
règlement des différends internationaux entre Etats

CE SITE S'ADRESSE AUX ETUDIANTS EN DROIT.
LES TEXTES (ANONYMES) ONT ETES COMPILES PAR DES VOLEES SUCCESSIVES
D'ETUDIANTS. SI VOUS RECONNAISSEZ UN DE VOS TEXTES ET QUE VOUS
NE VOULEZ PAS QU'IL APPARAISSE ICI, ENVOYEZ-NOUS UN EMAIL
ET IL SERA RETIRE. POUR SOUMETTRE UN TEXTE,CLIQUEZ-ICI.
LES NOTES, EXERCICES ET ANCIENS EXAMENS REFLETENT LA SITUATION
A L'UNIVERSITE DE GENEVE, FACULTE DE DROIT, UNIMAIL.
| |